Qu’est-ce que l’Inflation Sous-Jacente?
Une introduction aux concepts fondamentaux de l’inflation sous-jacente et comment elle diffère de l’inflation globale.
Comment les statisticiens calculent l’inflation sous-jacente. Les méthodes utilisées par l’INSEE et la Banque Centrale Européenne expliquées simplement.
Calculer l’inflation, c’est plus compliqué qu’il n’y paraît. L’INSEE et la Banque Centrale Européenne n’utilisent pas une simple moyenne des prix — elles appliquent des méthodes analytiques précises pour extraire la vraie tendance inflationniste. Nous allons vous montrer comment ça marche, sans équations compliquées.
C’est la plus directe. On prend tous les prix à la consommation — environ 1 200 articles suivi par l’INSEE — et on en enlève simplement les plus volatiles. L’énergie et l’alimentation fraîche disparaissent du calcul.
Pourquoi ça marche ? Ces deux catégories représentent à peu près 20 % du panier de consommation, mais leurs prix fluctuent énormément — surtout à cause des chocs extérieurs comme les crises pétrolières ou les mauvaises récoltes. Les enlever donne une image plus claire de la tendance sous-jacente.
L’INSEE appelle ça « l’inflation hors énergie et alimentation ». Simple, transparent, reproductible. Vous pouvez même vérifier les chiffres vous-même si vous avez les données brutes.
Parfois, exclure simplement n’est pas assez. Les prix bougent en permanence — une tempête qui fait monter l’électricité, une grève qui perturbe le transport, une promotion soudaine. Ces petites secousses masquent la vraie tendance.
C’est là qu’intervient le lissage. L’INSEE utilise des techniques statistiques pour « lisser » les données mois par mois. La plus courante ? La moyenne mobile centrée. Vous prenez les trois derniers mois, les trois prochains, et vous calculez la moyenne. Ça fait disparaître les pics isolés.
Résultat concret : Si un prix grimpe d’un coup en janvier mais redescend en février, la moyenne lissée absorbe ce choc. Vous voyez la direction générale, pas la turbulence.
Ici, il y a une subtilité importante. L’INSEE ne traite pas un baguette de pain comme un pneu de voiture. Pourquoi ? Parce que vous achetez du pain presque chaque semaine, mais un pneu tous les deux ans.
Chaque produit reçoit un poids selon sa part dans les dépenses des ménages français. C’est basé sur l’Enquête Budget de Famille — l’INSEE demande à plusieurs milliers de foyers combien ils dépensent pour chaque catégorie.
Poids approx. (2026)
Alimentation : 14 %
Poids approx. (2026)
Énergie : 8 %
Poids approx. (2026)
Transport : 15 %
Poids approx. (2026)
Logement : 24 %
Une hausse de 5 % du loyer a beaucoup plus d’impact sur l’inflation globale qu’une hausse de 5 % du prix des chaussures. La pondération reflète cette réalité économique.
La BCE ne calcule pas elle-même l’inflation — elle utilise les données d’Eurostat, qui compile les chiffres de tous les pays de la zone euro. Mais elle regarde l’inflation sous-jacente de manière légèrement différente.
La BCE utilise une moyenne mobile centrée sur 12 mois pour lisser les données. Elle calcule aussi plusieurs variantes : hors énergie et alimentation (comme l’INSEE), mais aussi des versions plus restrictives qui excluent aussi l’alcool et le tabac.
L’objectif ? Avoir une vision aussi stable et claire que possible de l’inflation structurelle. Quand la BCE prend ses décisions de taux d’intérêt, elle regarde d’abord l’inflation sous-jacente, pas l’inflation globale. Un prix du pétrole qui s’envole n’est pas sa responsabilité — elle ne peut rien y faire. Mais une augmentation persistante des salaires et des marges commerciales ? Ça, oui.
Concrètement, l’inflation sous-jacente est souvent plus basse que l’inflation globale. Pourquoi ? Parce qu’on enlève les deux catégories qui montent le plus vite en général.
Exemple réel : En 2022-2023, quand les prix du pétrole s’envolaient, l’inflation globale dépassait 6 % en France, mais l’inflation sous-jacente tournait autour de 3-4 %. La différence venait surtout de l’énergie. Ça montrait que la vraie pression inflationniste sous-jacente restait modérée — ce n’était pas (encore) une inflation généralisée, juste un choc énergétique.
C’est pour ça que les banques centrales regardent d’abord l’inflation sous-jacente. Elle vous dit si l’inflation est enracinée dans l’économie ou si c’est juste un choc temporaire qu’on peut attendre.
Enlever simplement l’énergie et l’alimentation fraîche. Transparent, facile à comprendre, c’est ce que l’INSEE publie en standard.
Utiliser des moyennes mobiles pour absorber les petits chocs mois après mois. Ça révèle la tendance vraie sous le bruit.
Donner plus de poids aux articles que vous achetez beaucoup. Un loyer qui augmente de 5 % affecte plus l’inflation qu’un prix de chaussures.
Combiner lissage et exclusion, avec plusieurs variantes, pour avoir une vue solide de la vraie pression inflationniste structurelle.
Ces méthodes ne sont pas parfaites — aucune mesure économique ne l’est. Mais ensemble, elles donnent aux banques centrales et aux décideurs politiques une image bien plus claire de ce qui se passe vraiment dans l’économie. Et c’est ça qui compte vraiment pour ajuster les politiques monétaires et les décisions économiques.
Cet article est fourni à titre informatif et éducatif uniquement. Les méthodes décrites reflètent les pratiques actuelles de l’INSEE et de la Banque Centrale Européenne, mais les calculs exacts et les méthodologies peuvent être ajustés selon les publications officielles les plus récentes. Les chiffres d’inflation cités sont des exemples généraux et peuvent ne pas correspondre exactement à vos relevés personnels. Pour des analyses détaillées ou des décisions économiques importantes, consultez les rapports officiels d’Eurostat ou les publications spécialisées de la BCE.